Michael Taguet, l’encre dans le sang

Après avoir découvert le portrait de Michael Taguet dans le dernier M le Mag’, l’entretien continue ici, en vidéo !

 

 

Chaque détail compte, chaque tatouage raconte une histoire.

 

Comment choisir son tatouage ? Comment une idée devient un tatouage ? Michael Taguet nous raconte aussi la relation qui se noue avec ceux qui lui confient leur peau.

 

Quel conseil donneriez-vous avant un premier tatouage ?

« Ne pas aller trop vite, ni dans le choix du tatouage ni dans celui du tatoueur. Il faut vraiment regarder son style et son travail, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre. Et se demander pourquoi on veut ce motif. Je préfère qu’il ait une histoire, une symbolique, plutôt qu’il réponde seulement à une mode. C’est quelque chose qu’on va garder toute sa vie ! »

 

Vous arrive-t-il de refuser un projet ?
« Oui, par exemple quand une personne veut seulement se remplir le bras parce qu’elle trouve ça cool ou qu’elle a vu le même style sur un joueur de foot. Je prends le temps de discuter avec elle, de comprendre son envie. Je conseille aussi sur l’emplacement. Quelqu’un qui veut uniquement se faire tatouer la main, sans avoir déjà le bras tatoué, je vais lui dire non. Mon rôle, c’est aussi de conseiller. »

 

Comment construisez-vous une pièce avec le client ?
« On a déjà échangé par mail, mais j’aime travailler le projet le jour du rendez-vous, avec la personne en face de moi. J’ai une idée en tête, je la lui montre, puis on fait les modifications ensemble. Je sais comment mes tatouages cicatrisent et vieillissent, donc j’apporte mes conseils. Mais le client garde le dernier mot. Je ne prends pas simplement une image pour la poser sur la peau : je cherche une composition, un fond, une scène qui raconte quelque chose. »

 

Que ne voit-on pas quand on vous regarde tatouer ?
« La recherche d’images, qui prend beaucoup de temps, le montage sur ordinateur et toute la préparation du matériel. Le temps passé sur la peau n’est qu’une partie du travail. Je tiens aussi à rencontrer les gens dans mon studio, où je suis à l’aise avec mon matériel et où je peux les accueillir dans de bonnes conditions, peu importe qui ils sont. »

 

Au fil des heures, une relation se crée ?
« Oui, bien sûr ! Quand les gens viennent à la boutique, je les accueille presque comme des amis. On boit le café, on mange ensemble, on discute de tout. Les séances durent parfois six ou sept heures : ça laisse le temps de se connaître ! Les gens se dévoilent assez rapidement. Je ne connais ni leur famille ni leur entourage, alors ils se confient. C’est une relation assez particulière entre le tatoueur et son client, et les discussions deviennent très amicales. Ça aide aussi à moins penser à la douleur. À la fin, les gens sont souvent surpris de se dire que c’était un moment super agréable. Pour moi, on reste des artisans, des commerçants : il faut s’intéresser aux personnes qui viennent nous voir, parfois de très loin. »

 

 

Si vous ne l’avez pas encore lu, retrouvez le portrait complet de Michael Taguet

dans le magazine M le Mag’ n°217 !