À l’école du bien grandir

 

À Saint-Chamond, l’école ne se résume pas qu’aux apprentissages. Chaque journée mobilise une vraie communauté autour des enfants : enseignants, animateurs, agents municipaux, parents… Ensemble, ils construisent un cadre attentif à l’éveil, l’inclusion et la réussite de chaque élève.

 

 

“Tata Nora”, une ATSEM au grand cœur

À l’école élémentaire Massenet Pasteur, tout le monde la connaît. Les enfants l’appellent affectueusement Tata Nora. Depuis plus de vingt ans, elle les accompagne avec patience et énergie dans leurs premiers pas à l’école. « On est parfois les premiers visages qu’ils voient le matin, et les derniers le soir. Ce lien, il est fort. »

Chaque jour, Nora alterne entre l’accueil du matin, les temps en classe où elle seconde l’enseignante, la cantine, les ateliers. Elle prépare aussi les projets, adapte les activités, rassure les plus timides.

« Ce métier, je ne l’ai pas choisi par hasard. Il faut aimer les enfants, tous les enfants, même quand c’est difficile. On doit s’adapter à eux, pas l’inverse. »

 

Dans cette école où les besoins sont parfois lourds, elle fait partie des repères. « Quand j’ai été en arrêt, ils demandaient : “Elle est où Tata Nora ?” »
Ce métier, Nora l’exerce comme une vocation. « Il faut de la patience, de l’humour, de l’écoute. Et surtout, savoir entrer dans leur monde. Parfois, un dessin, un sourire, ça vaut tous les remerciements du monde. »

 

 

 

Émilie, la cantine avec cœur et cadre

Responsable de la cantine de l’école du Pilat depuis avril 2024, Émilie tient son rôle avec calme, attention… et méthode. Chaque matin, elle allume les machines, vérifie les températures, prépare les plans de table, organise le service. “Je suis seule, donc tout doit être fluide. J’anticipe pour que les petits n’attendent pas trop, sinon ça part vite en bruit ou en chamailleries !”

 

Mais au-delà de la logistique, Émilie tisse un vrai lien avec les enfants. “Ici, ils m’appellent par mon prénom. Ils savent qu’ils peuvent venir me parler. On partage même des petits morceaux de vie.”

Pour responsabiliser les élèves, elle a mis en place un système de jetons : chaque couleur correspond à une “mission” à table — chef d’eau, responsable des couverts, nettoyeur… “Ils adorent. Ça les implique, et ça rend le service plus calme.”

 

Formée à l’encadrement, à la sécurité, à la gestion d’équipe, Émilie a aussi demandé à suivre une formation sur l’accueil du handicap. “Je veux faire les choses bien. Ici, on n’est pas juste là pour faire manger les enfants. On leur apprend aussi à vivre ensemble.”

 

 

 

Violaine, directrice d’une école à taille humaine

Directrice de l’école maternelle Debussy, Mme Outteryck se décrit d’abord comme “maîtresse”. Elle enseigne encore, tout en assurant l’accueil, les appels, les mails, les urgences… “C’est une journée de classe avec le téléphone qui sonne plus souvent !”

 

Ce qu’elle aime dans son métier ? “Les projets. Ce qui me fait rester ici, c’est l’équipe. On fonctionne ensemble, on se comprend. C’est précieux.” L’école accueille 87 enfants. Chaque rentrée est préparée avec soin : adaptation progressive, visites des futurs élèves, échanges avec les familles. “En maternelle, on est dans un lien très direct avec les parents. Il faut rassurer, expliquer, accueillir.”

 

Avec son équipe, elle porte de nombreux projets : échanges avec la crèche et le relais petite enfance, carnaval commun avec l’école privée, jeux partagés avec des résidents seniors du quartier. “On voit les liens se créer entre les enfants et les anciens. C’est touchant, et tellement formateur pour tous.”

 

Attachée à une école ouverte, bienveillante et structurée, Mme Outteryck salue aussi l’implication des ATSEM. “Quand elles ne sont pas là, on le sent tout de suite. Elles sont indispensables. On travaille vraiment ensemble.”

 

Et elle n’oublie pas non plus le soutien des services techniques de la Ville : “Tous les petits travaux qu’on leur demande, ils sont toujours hyper rapides, hyper ingénieux. C’est plein de bonnes idées, de petites astuces qui changent la vie. La cabane à vélos, les caisses de rangement en bois, même un plan incliné pour ne pas se casser le dos… Franchement, on a de la chance.”

 

 

 

Thibaut, l’animateur à l’écoute

À l’école de la Chabure, Thibaut Péronnet connaît tous les enfants. Animateur depuis dix ans, il est aujourd’hui référent périscolaire. Le matin dès 7h30, il ouvre les portes avec douceur : “Ils arrivent à peine réveillés. On met des jeux sur les tables, on discute, on prend le temps.”

 

Il intervient ensuite en renfort dans les classes, puis encadre le temps du midi, et l’accueil du soir. Un fil rouge bienveillant dans la journée des enfants. “Mon rôle, c’est de créer du lien entre l’école et les équipes d’animation. Et surtout, de proposer des moments ludiques où ils peuvent souffler, s’exprimer, partager.”

 

Thibaut aime l’animation populaire, celle qui transmet sans en avoir l’air : “On joue, mais on apprend aussi à se connaître, à respecter l’autre, à découvrir de nouvelles choses. Parfois ce sont eux qui m’enseignent des jeux appris à la maison ou à l’école !”

 

Sensible à la reconnaissance de son métier, il rappelle que l’animation, ce n’est pas “surveiller” : c’est penser, proposer, construire. Avec ses collègues, il a mis en place un projet d’expression autour du repas : les enfants votent pour les plats qu’ils aiment ou non. “C’est un moyen de leur donner la parole, et de les responsabiliser.”